Difficile de mettre une année de naissance sur le berceau du clown ! On peut considérer que son apparition remonte à plusieurs siècles et se manifeste à travers différentes formes de spectacle. Petit tour d’horizon dans cet article de l‘histoire du clown.
L’origine du clown
Durant l’Antiquité, des figures comiques étaient déjà présentes dans différentes cultures pour amuser le public. Les Grecs et les Romains chargeaient ainsi des bouffons de divertir la foule lors des triomphes militaires. Dans la mythologie grecque, Momos est le bouffon des divinités olympiennes. Il s’agit du « dieu de la raillerie et des malicieuses critiques », selon Wikipédia.
Au Moyen Âge, les fous du roi ou bouffons de cour utilisaient l’insolence et l’humour pour divertir les rois et les seigneurs, mais aussi pour critiquer et moraliser. Bénéficiant d’un statut protégé, ils avaient la liberté de parler librement sans crainte de représailles. Les fous portaient des signes distinctifs comme le bonnet à clochettes et la marotte, un bâton faisant office de sceptre. Triboulet fait partie des bouffons les plus célèbres, mais un article de l’Académie française [source] nous apprend que le premier, moins connu, fut le bouffon du roi René d’Anjou.
Parmi les ancêtres du clown, on peut citer aussi les personnages de la Commedia dell’arte, genre théâtral populaire né au XVIe siècle en Italie. Des acteurs saltimbanques masqués improvisaient alors des comédies marquées à la fois par l’ingéniosité et la naïveté.
L’arbre généalogique du clown apparaît encore plus riche et plus incertain à la lecture d’un dossier des arts du cirque sur l’histoire du clown [source] donc voici un extrait :
De nombreuses généalogies du clown existent dans lesquelles il est relié à des figures précédentes. Dans la branche européenne occidentale, y sont cités entre autres, Bromios le turbulent, une des manifestations de Dionysos, les acteurs du drame satyrique, les serviteurs transgressifs des comédies d’Aristophane, les masques des atellanes romaines et les valets des comédies de Plaute, les protagonistes des fêtes rituelles d’inversion et des carnavals, les sots des sotties, les bouffons (jesters) et farceurs, les fous de cour, les fools de scène, les diables des mystères et moralités médiévales puis de la Renaissance et leur valet, le Vice. On y croise aussi les zanni de la commedia dell’arte ou encore Arlequin, dont la contemporanéité d’émergence, la fonction comique et le statut de serviteur en font des cousins du clown. Mais fixer cette généalogie ascendante du clown si souvent relatée supposerait que l’on puisse établir avec certitude des filiations linguistiques ou formelles, ce qui se révèle en pratique particulièrement délicat.
Les clowns de théâtre
Si les origines du clown sont donc lointaines et plurielles, tout le monde semble s’accorder sur l’origine anglaise du mot clown. Le terme désigne initialement un paysan d’une manière très péjorative. C’est un homme balourd, un « péquenaud » grotesque, sans manières. Le docteur ès lettres Victor Bourgy situe l’émergence du mot et de la figure théâtrale dans les années 1590, sur les scènes du théâtre élisabéthain. Le portail des arts du cirque nous explique que les clowns de l’époque oscillaient entre raffinement verbal et balourdise, entre performance physique et finesse d’esprit. Parmi eux, Richard Tarlton est identifié comme le premier clown de théâtre. Il a rejoint la troupe des « King’s Men » en 1583. D’autres comédiens ont tiré leur épingle du jeu, parmi lesquels Will Sommers (bouffon de la cour d’Henry VIII), William Kemp (qui poursuivit la tradition du clown rustique) ou encore Robert Armin, avec qui le clown devint une figure plus subtile. Les pirouettes de l’esprit prévalaient alors sur l’acrobatie physique.
Histoire du clown de cirque
Le français Jean-Baptiste Dubois est quant à lui présenté comme le premier clown de cirque. Il serait le premier à avoir défilé comme tel sur une piste, d’après Pascal Jacob, spécialiste des arts du cirque. Élève de Dubois, l’anglais Joseph Grimaldi (1778-1837) devint plus célèbre que son professeur. On considère que c’est lui qui fixa véritablement le type du « clown moderne » à travers son personnage de Clown Joey.
Au siècle suivant, d’autres clowns se sont illustrés. Parmi eux, l’américain Tom Belling (1843-1900). Il fut le premier, à partir de 1874, à utiliser « August » comme nom de scène. Sur la piste du cirque Renz à Berlin, il rencontra du succès auprès du public en incarnant un personnage désinvolte et maladroit. Un autre auguste célèbre de l’époque fut le clown Chocolat, né esclave à Cuba, qui forma notamment un duo avec le clown blanc britannique Foottit.
Le XXe siècle est celui d’autres clowns célèbres, parmi lesquels les trois frères Fratellini, Oleg Popov, Emmett Kelly, Jango Edwards et bien d’autres.
Aujourd’hui, de nombreux artistes – hommes ou femmes – perpétuent l’art clownesque, entre tradition et modernité.

